Alors que la saison 1 de A Knight of the Seven Kingdoms approche de son dénouement, l’épisode 5 prend tout le monde à contre-pied. Là où beaucoup attendaient une démonstration spectaculaire digne de Game of Thrones, la série n’emprunte pas totalement ce chemin, préférant laisser une grande place à l’intime plus intime et à un pari audacieux, celui de dériver de l’adaptation de la nouvelle pour mieux développer le personnage de Duncan. Ça n’a laissé personne indifférent, et ça a, à mon sens, rendu le spectacle encore plus savoureux.
La série A Knight of the Seven Kingdoms nous avait préparés à ce choix particulier de l’épisode 5
Il faut reconnaître que la série A Knight of the Seven Kingdoms, nouveau spin-off de Game of Thrones, se montre particulièrement efficace depuis son lancement, il y a un mois. Le rythme est plus resserré, l’humour davantage présent — parfois un peu (trop) appuyé — mais un charme indéniable se dégage de ce projet plus terre-à-terre, et il fait mouche auprès de la communauté. Depuis le début de la saison 1, chaque épisode est encensé sur des sites comme IMDb, et les notes augmentent semaine après semaine.
Lundi dernier, alors que la tension était palpable dans les dernières minutes, les fans se sont emballés : tout laissait penser que l’on s’apprêtait à vivre un avant-dernier rendez-vous exceptionnel. Ce quatrième épisode retrouvait presque le Game of Thrones des grandes heures, et cette filiation assumée a ravivé l’enthousiasme d’une partie du public, parfois déçu par certains choix opérés dans l’adaptation de House of the Dragon, l’autre spin-off chapeauté par HBO.

Cela dit, un constat s’impose concernant ces multiples adaptations de l’univers : la fresque télévisuelle semble encore trop dépendante des Targaryen. Depuis le début, l’ombre de cette immense lignée plane au-dessus des héros, quand elle n’est pas directement au cœur de l’intrigue, comme dans House of the Dragon. Néanmoins, elle demeure un formidable moteur de rebondissements et de cliffhangers, qu’il s’agisse de la révélation finale de l’épisode 3 ou du retournement de situation de l’épisode 4.
S’il y avait un rendez-vous à ne pas manquer, c’était bien celui de l’épisode 5 — et il a tenu ses promesses. Beaucoup s’attendaient à une bataille épique dans le cadre de ce Jugement des Sept. L’affrontement fut intense, certes, mais l’objectif n’était pas tant d’en mettre plein les yeux que d’émouvoir. Un choix que l’on pouvait pressentir, d’ailleurs, puisque HBO avait subtilement vendu la mèche.
A Knight of the Seven Kingdoms explore le passé de Duncan, c’est osé mais ça rend cet épisode encore plus poignant
À la suite de la diffusion de l’épisode 4, un court aperçu de la suite laissait deviner un basculement vers le… flashback. Avec des épisodes désormais resserrés autour de la trentaine de minutes, il était probable que la série choisisse d’explorer davantage le passé de Duncan plutôt que de s’attarder sur le duel à venir face à Aerion et ses champions. Et c’est exactement ce qu’elle a fait.

Plutôt que de céder à la surenchère de coups d’épée et de lances brisées, ce cinquième épisode joue autant sur l’intensité physique qu’émotionnelle — et c’est précisément ce qui le rend si marquant. Depuis le début de la saison, nous ne savions que peu de choses du passé de Duncan, si ce n’est quelques bribes de sa relation avec Ser Arlan de l’Arbre-sous. Comment s’est-il extirpé de sa condition d’orphelin des rues de Culpucier ? Qu’est-ce qui l’a poussé à suivre Ser Arlan ? Comment est-il devenu son écuyer ? Autant de questions qui trouvent enfin leurs réponses, révélant la tragédie fondatrice du personnage — et bien plus encore.
Comme le démontre cet épisode, et surtout cet ajout de la part des showrunners — le passé de Duncan n’est pas clairement explicité dans la nouvelle Le Chevalier Errant —, c’est sa détermination qui lui permettra de devenir le chevalier légendaire dont les exploits seront contés dans tout Westeros des années plus tard. Longtemps résigné à accepter sa condition, il pose les premiers jalons de sa propre légende à partir du moment où il décide de devenir maître de sa destinée.

Se battre, encore et toujours — physiquement, mais aussi contre le cours des choses —, voilà ce qui le rend véritablement héroïque. Peut-être n’a-t-il jamais été adoubé. Peut-être enjolive-t-il son histoire. Peut-être que rien ne le destinait à devenir un véritable chevalier. Peut-être était-il voué à échouer lors du tournoi de Cendregué. Mais ce n’est pas l’essentiel.
Épisode après épisode, ce sont ses actes qui ont prouvé sa valeur et sa capacité à incarner l’idéal chevaleresque : avoir pris L’Œuf sous son aile comme Arlan l’avait fait pour lui, avoir surmonté sa peur, défendu Tanselle face à la cruauté d’Aerion, ou encore convaincu Baelor par la force de ses convictions. Autant de décisions qui l’ont mené sur cette voie, vers cette victoire déterminante. La semaine prochaine marquera déjà la fin de la saison 1, et le sentiment dominant est clair : Duncan et L’Œuf vont nous manquer.