Overwatch abandonne le chiffre “2” et déploie sa plus grosse mise à jour historique avec l’arrivée simultanée de cinq héros et l’ambition de raconter une nouvelle histoire. S’il reste toujours aussi divertissant d’y jouer, ce retour en grâce souligne cruellement le piège de ce type d’expérience.
Cette semaine marque un tournant pour le FPS de Blizzard, qui redevient sobrement Overwatch. En lançant le jeu pour découvrir cette "Saison 1" du renouveau, j'ai été frappé par l'ampleur du contenu. Mais au-delà de l'excitation de la découverte, relancer le titre s'accompagne chez moi d'un sentiment ambivalent, partagé entre l'admiration pour le travail accompli et le désespoir.
Cinq nouveaux héros : une méta bouleversée et une interface épurée
Dès mes premières parties, j'ai compris pourquoi cette mise à jour était excellente : l'arrivée de cinq personnages d'un coup est un coup de maître. Blizzard a eu l'intelligence de répartir ces ajouts — un tank (Domina), deux DPS (Emre, Anran) et deux soigneurs (Mizuki et le chat Jetpack) — de manière à ce que l'on ne se marche pas dessus. En taguant en 5 contre 5, on a la certitude mathématique de pouvoir incarner une nouvelle tête à chaque match. J'ai retrouvé cette "patte" Blizzard : des héros immédiatement agréables à prendre en main avec une identité forte.

Cependant, c'est bien Fika, le "Jetpack Cat", qui a chamboulé mes habitudes. Ce chat, attendu depuis des années par la communauté, est une réussite totale. En le jouant, j'ai senti la méta bouger sous mes pieds : sa capacité à voler en permanence et surtout à transporter un allié ("Lifeline") offre des synergies folles. Au-delà du gameplay, j'ai aussi noté un gros effort sur l'enrobage. L'interface revisitée est plus claire, et j'ai trouvé la navigation dans les menus bien plus fluide qu'auparavant.
Le mode Stadium : mon coup de cœur à la troisième personne
Cette mise à jour massive a aussi été pour moi l'occasion de me plonger sérieusement dans le mode Stadium. Bien qu'il soit présent depuis environ un an (saison 16), je l'avais délaissé et c'est une véritable redécouverte. Ce mode compétitif est devenu mon coup de cœur absolu. Le fait de jouer en vue à la troisième personne change la perception de l'espace et des combats, tout comme le système d'achat d'améliorations entre les manches qui ajoute une couche stratégique bienvenue.
J'ai pris un plaisir immense à redécouvrir mes "mains" dans ce format ultra-dynamique où les manches ne durent que 4 à 5 minutes. L'ambiance y est survoltée, rendue d'autant plus nerveuse par les interventions du commentateur qui rythment l'action. C'est une bouffée d'air frais qui prouve que le jeu peut encore me surprendre, me forçant à adapter mon style de jeu à chaque round.
L’histoire s'intègre enfin au jeu
J'ai longtemps été déçu par l'abandon du mode PvE promis, mais je dois admettre que l'intégration de l'histoire dans cette mise à jour est un pas dans la bonne direction. Avec l'arc "The Reign of Talon" (Le Règne de la Griffe), Blizzard ne met plus le lore de côté. En naviguant dans l'onglet dédié, j'ai pu suivre l'opposition entre Talon et Overwatch via des descriptions contextuelles et des événements en jeu.

Si je trouve la narration encore perfectible — les bandes-dessinées in-game restent un peu trop statiques à mon goût —, les cinématiques sont, comme toujours, exceptionnelles. J'apprécie sincèrement l'effort : c'est pour moi le prochain territoire à conquérir pour les "Hero Shooters". Sentir que je participe à une histoire globale, même en multijoueur, donne une texture différente à mes sessions de jeu.

Un gameplay gratifiant qui alimente ma frustration
Je passe systématiquement du bon temps sur Overwatch, même lorsque je suis frustré par une défaite cuisante. Après 640 heures de jeu, je réalise que le titre regorge encore de subtilités. Je sais que j'ai une marge de progression énorme, ne serait-ce que sur un seul personnage ! C'est vertigineux. C'est toujours gratifiant de jouer, quel que soit mon rôle. Je suis constamment stimulé intellectuellement par la nécessité de me positionner, de viser juste, de coordonner mes ultimes. Mais c'est précisément parce que le jeu est si bon qu'il me frustre : il accapare mon attention et mon énergie comme aucun autre titre.
Finalement, Overwatch reste un jeu service, un "forever game" comme l'assume Blizzard, et c'est là que le bât blesse. Il n'y a pas de finalité. Pour reprendre ce que j'écrivais dans mon article Plus le temps passe, plus je comprends la philosophie de Nintendo sur les jeux service. J'ai décidé de franchir le pas et ça a fait un bien fou à tous mes jeux en retard !, ce jeu ne m'offre jamais de conclusion. Je lance des parties en boucle, dopé à l'adrénaline, mais je ne construis rien de fini.
Globalement, ces heures englouties sont du temps que je ne consacre pas à d'autres jeux vidéo, des œuvres avec un début et une fin qui, une fois les crédits déroulés, me laissent avec la question essentielle : "qu'est-ce que j'ai ressenti avec cette expérience ?". Avec Overwatch, cette question reste sans réponse. C'est un défaut pour moi rédhibitoire qui, malgré toutes les qualités indéniables de cette mise à jour excellente, me laisse ce goût amer de temps "perdu" dans une boucle infinie.