Parfois, il suffit de peu pour passer à côté d’un excellent jeu indépendant. Par miracle, j’ai décidé d’acheter ce jeu qui ne m’attirait pas du tout et je ne l’ai pas regretté.
Après avoir passé toute mon enfance à jouer sur les consoles de Nintendo, j’ai eu beaucoup de mal à sortir de cette plateforme. Curieux de découvrir de nouvelles expériences vidéoludiques, j’ai créé mon compte Steam en 2022 et j’ai acheté Teardown en réduction sur recommandation d’un ami. Pourtant, je trouvais le jeu moche à cause de ses graphismes. Et puis, ayant globalement joué à des jeux destinés aux enfants, j’estimais que je serais assez nul pour organiser des casses minutieusement.
Teardown : l’art de créer des braquages
Dans les faits, Teardown consiste à planifier votre intrusion dans des lieux en tout genre, avec plusieurs objectifs à réussir en moins d’une minute. Il peut s’agir de vol/pillage d’objets luxueux, de sabotage de véhicules, de destruction de bâtiments et même parfois de phases d’infiltration. Étant donné qu’on agit toujours à un moment où les personnes à cambrioler ne sont pas présentes, cela laisse amplement le temps de préparer son coup (parfois une heure ou deux). Toutefois, il y aura toujours au moins un élément qui alerte la police et déclenche le chronomètre, comme un détecteur de fumée ou des capteurs reliés directement aux cibles.

Pour entrer dans le vif du sujet, le plus gros point fort de Teardown pour moi est qu’il arrive à allier pillage stratégique et liberté créative. Chaque mission du jeu est conçue pour être réussie d’autant de façons que possible, même les plus absurdes. Vous ne verrez jamais deux personnes réussir exactement de la même manière. Pour autant, le jeu n’en reste pas moins compliqué car pratiquement chaque niveau est chronométré. Le gameplay sera expliqué plus en détail après.
Pour les complétionnistes comme moi qui cherchent à finir les jeux à 100%, Teardown ajoute généralement une ou deux cibles facultatives à chaque mission. Pour qu’elles soient comptabilisées, il faut réussir l’ensemble des objectifs en une seule fois, dans les 60 secondes imparties. Dans l’ensemble, je pense que le jeu est relativement facile si on ne cherche à réussir que les objectifs principaux. Mais de cette manière, chaque niveau devient un véritable défi, en laissant une marge d’erreur extrêmement faible à mesure qu’on progresse dans le jeu.

Un choix de design au cœur du gameplay
Soyons francs, Teardown n’est pas excessivement beau. En effet, le jeu est construit à partir de voxels, c’est-à-dire des petits cubes 3D empilés qui donnent un style pixelisé. Toutefois, ce design bien particulier sert entièrement le gameplay du jeu.
La physique globale de Teardown est bien réussie dans l’ensemble. Chaque voxel a ses propriétés physiques et son matériau qui réagissent différemment en fonction des situations. En faisant cramer une maison en bois par exemple, le feu se propage rapidement (parfois trop à mes dépends) et les éléments plus résistants restent intacts. Ces amalgames de cubes peuvent ensuite être réutilisés pour détruire d’autres éléments ou créer un chemin alternatif en les empilant.

Il y a également des objets à utilisation limitée qu’on obtient tout au long de l’aventure, comme des planches en bois, un chalumeau ou des armes à feu pour détruire le décor. Dans chaque carte du jeu, il y a aussi des objets à voler pour gagner de l’argent bonus, permettant d’améliorer ensuite les items dont on dispose. Comme ce n’est pas obligatoire, je l’ai découvert assez tardivement dans le jeu et ça m’a certainement complexifié inutilement certaines missions. Pour finir, le seul point noir pour moi est que l’histoire est beaucoup trop anecdotique et sert grossièrement à nous dire ce qu’on doit faire. Malgré cela, je ne regrette en aucun cas d'avoir sauté le pas pour Teardown et il y a encore d'autres aspects à découvrir, comme le mode créatif.