Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties : Analyse d'un Remake Émotionnel et de ses Limites sur PC

Titre original : Test du jeu Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties : ce n'est pas un remake, c'est une renaissance, mais... sur PC

Kazuma Kiryu sort de sa retraite en 2026 pour ressusciter la troisième et sans doute la plus personnelle de ses aventures vidéoludiques, et il n’est pas seul. SEGA et Ryu Ga Gotoku mettent en lumière un autre personnage phare de la franchise avec ce remake qui prend des allures de renaissance. La rédaction de JV est retournée au pays du soleil levant pour mettre à l’épreuve Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties. Excès de joie et petites déceptions sont au programme.

Une aventure (trop) cinématographique

Yakuza 3 (2009) et son remaster sorti 9 ans plus tard souffraient du même mal, une histoire principale courte (trop courte pour certains) et d’un déséquilibre flagrant entre narration et gameplay. Conscient de cela, le studio Ryu Ga Gotoku a revu sa copie avec la version Kiwami, qui non content de corriger et rallonger la troisième aventure de Kazuma Kiryu, notamment le prologue, offre aux fans un récit préquel centré sur le protagoniste de cet opus, à savoir Yoshitaka Mine.

Il faut reconnaître que Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties peine encore à trouver un équilibre disons “acceptable” entre sa volonté de proposer un récit dense et plaisant à suivre et ses séquences ludiques. La saga Yakuza a toujours lorgné du côté du 7e Art et s’inspire ouvertement du cinéma japonais, mais rarement au point d’en oublier son médium d’origine, le jeu vidéo. Il n’est pas rare avec cet épisode de poser la manette et d’assister à une suite de cinématiques, que ce soit d’exposition ou de révélations, assis confortablement dans un fauteuil. L’impression d’être installé dans une salle obscure face à la projection d’un film se fait alors ressentir.

Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties : ce n'est pas un remake, c'est une renaissance, mais...

La narration, souhaitée épique, s’avère en 2026 bien trop classique, malgré des cinématiques réalisées avec le plus grand soin. Les visages sont toujours aussi expressifs et donnent le ton au récit. Hélas, la franchise n’a que très peu évolué au niveau de sa mise en scène au cours de la dernière décennie et cela se ressent d’autant plus en 2026. L’histoire se distingue par son académisme, soit une succession de champs-contrechamps parfois ponctuée de séquences plus osées. Il serait temps pour le Dragon de Dojima de changer de plume et de style.

Il n’en demeure pas moins que j’ai souvent exulté face à mon écran et fut émotionnellement touché par la destinée de Kazuma Kiryu ainsi que la fatalité qui frappe Yoshitaka Mine. Yakuza Kiwami 3 et son préquel Dark Ties font vibrer la corde sensible, celles de la famille et de la quête de sens, deux thématiques centrales de la série depuis plus de 20 ans. Enfin, ce remake profite, au même titre que les deux précédents et des épisodes plus récents, d’un doublage en japonais et de sous-titres en français (VOSTFR), soient les conditions optimales pour (re)découvrir cette épopée mafieuse.

L'histoire de Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties

Kazuma Kiryu a quitté le monde des yakuzas pour diriger l’orphelinat Morning Glory à Okinawa, mais une conspiration mêlant politiciens corrompus et luttes de pouvoir au sein du clan Tojo menace cette paix fragile. Contraint de reprendre les armes, Kiryu affronte des factions rivales pour protéger sa famille. En parallèle, Yoshitaka Mine, entrepreneur ambitieux en quête de reconnaissance, plonge dans cet univers sombre et violent afin de trouver un sens à sa vie.

Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties : ce n'est pas un remake, c'est une renaissance, mais...

Le maître du remake

Yakuza Kiwami 3 s’impose comme un épisode solide sur le plan des affrontements, plus brutaux et exigeants que jamais grâce aux évolutions héritées des opus récents. L’action gagne en intensité, surtout dans les niveaux de difficulté les plus élevés, où la maîtrise des mécaniques devient indispensable pour espérer survivre. Appliquer une justice expéditive reste un plaisir simple, limite cathartique, indissociable de l’ADN de Like a Dragon. Si certains combats de boss manquent d’ampleur et laissent une impression de “trop peu”, l’ensemble demeure solide et fidèle aux attentes d’un public déjà conquis par la puissance de Kazuma Kiryu et Yoshitake Mine, promis à une confrontation aussi intense que funeste.

RGG Studios enrichit son remake avec plusieurs activités annexes, certaines familières aux habitués de la saga. Kazuma Kiryu alterne entre la gestion de l’orphelinat Morning Glory et la direction d’un gang de motards - les Bad Boy Dragons - entre recrutement, prises de territoires et affrontements à grande échelle. De son côté, l’épisode centré sur Yoshitaka Mine mise sur le projet Skandale et sur la Hell’s Arena, avec ses donjons à explorer et ses combats dans l’arène. Sans bouleverser la formule, ces ajouts offrent une expérience solide et cohérente avec l’héritage du Dragon de Dojima et de son rival.

Un jeu vidéo “Like a Dragon” ne serait que l’ombre de lui-même sans ses quêtes annexes et ses mini-jeux tout aussi légendaires que le Dragon de Dojima en personne. Il y est toujours question de karaoké endiablé, de bowling, de baseball, de mahjong, etc. sans oublier les restaurants ainsi que les demandes farfelues exprimées par des citoyens plus ou moins concernés. Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties n’a clairement pas à rougir face à la concurrence pour ce qui est de sa durée de vie globale (une centaine d’heures pour obtenir le 100%), mais pâtit d’une double aventure principale bien trop courte. Moins de 20 heures sont nécessaires pour en voir le bout.

Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties : ce n'est pas un remake, c'est une renaissance, mais...

Le Dragon du recyclage

Une étrange impression de déjà-vu émane de ce Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties, qui pourtant fait tout son possible pour contenter aussi bien les fans de la première heure que les nouveaux venus. La faute incombe à un recyclage en bonne et due forme des mini-jeux et de plusieurs expériences ludiques, dont celles des Bad Boy Dragon et de la Hell’s Arena reprises respectivement de Like a Dragon : Pirate Yakuza in Hawaii et de Like a Dragon : Infinite Wealth et partiellement repensées.

Il en va de même pour l’exploration, bien que plaisante, des zones ouvertes de Downtown Ryukyu et Kamurocho inspirées de la ville de Naha sur l’île d’Okinawa et du quartier chaud tokyoïte. Ces quartiers, bien plus petits et moins riches en opportunités, souffrent de la comparaison avec ceux des épisodes les plus récents de la saga, surtout celui de Honolulu City. Et le moteur de jeu vieillissant n’est pas d’une grande aide ici. Le Dragon Engine n’est plus de première jeunesse, malgré les mises à jour régulières effectuées par Ryu Ga Gotoku, et cela se ressent.''' Il peine en 2026 à mettre en valeur la reproduction partielle d’un Japon contemporain à l’échelle 1:1.

Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties : ce n'est pas un remake, c'est une renaissance, mais...

Conclusion

Points forts

  • Une aventure épique et émotionnelle
  • L’histoire de Yoshitaka Mine
  • Des combats brutaux et techniques
  • La guerre de gang et la gestion de l’orphelinat
  • Une tonne de contenu secondaire
  • La version japonaise sous-titrée en français (VOSTFR)

Points faibles

  • Le déséquilibre “narration versus gameplay”
  • Une mise en scène trop “classique”
  • Le recyclage des zones ouvertes, des mini-jeux et des expériences ludiques
  • Le moteur de jeu vieillissant
  • La durée de vie des deux histoire principales (moins de 20 heures au total)

Note de la rédaction

15

Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties pourrait bien être un exemple à suivre pour tous les remakes. Imparfait sur de nombreux points, notamment techniques, il se distingue par sa volonté d’enrichir son expérience narrative et vidéoludique et par sa pluie de contenus annexes. Il est indéniable que SEGA et le studio Ryu Ga Gotoku se sont retroussés les manches pour offrir aux joueurs et aux joueuses la meilleure et la plus riche des expériences possibles. Toutefois, ce troisième opus des aventures de Kazuma Kiryu ne parvient pas à se défaire d’une narration qui prend le pas sur le gameplay et à s'émanciper d’un Dragon Engine vieillissant.

14

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