Les nouveaux champions d’Overwatch suivent tous le même moule : corps parfaits, visages stéréotypés et traits uniformisés. Pour Blizzard, la raison est simplement technique. Pour la communauté, c’est une trahison de l’identité du jeu.
Blizzard, les maîtres du pipeau ? C’est en tout cas clairement l’impression qu'a la communauté d’Overwatch face aux justifications de développeur américain concernant les nouveaux champions récemment inclus dans le jeu. On ne peut pas leur en vouloir : cette orientation artistique trahit l’identité des débuts du titre.
Voir Xbox Game Pass sur Amazon
Des contraintes techniques qui expliqueraient l’uniformisation
Depuis plusieurs années, les nouveaux personnages d’Overwatch semblent répondre à des critères esthétiques similaires : jeunesse, grande taille, physique athlétique et visages conformes aux standards de beauté dominants. Les derniers arrivants, introduits au début du mois, ne font pas exception à cette tendance. Même Jetpack Cat (pourtant un chat) arbore des yeux très proches de ceux des humains. Sur Gamespot, le producteur du jeu Kenny Hudson a expliqué que cette attractivité visuelle ne relève pas d’une volonté de rendre les champions sexy, mais de contraintes techniques :
Lorsque nous créons nos héros, nous cherchons à les rendre uniques tout en leur donnant une bonne base, en termes de proportions, de taille et d'échelle, non seulement pour pouvoir créer des éléments cosmétiques et les adapter aux évolutions futures, mais aussi pour éviter les obstacles techniques liés à d'autres aspects.
Des yeux de chat ? Vraiment ?

Il précise que “l'une des choses qui aide vraiment à cela, c'est de leur donner des membres plus longs, des jambes plus hautes, un tronc plus large, ce qui permet à nos artistes d'ajouter plus facilement de nouvelles géométries à ces modèles”. Selon lui, ce processus a été mis en place après la création de Bouldozer (un hamster dans une boule) car le développement de ses skins avait été particulièrement compliqué.
La conformité des traits amène à une perte d’identité du jeu
La communauté a largement rejeté cette justification. Au-delà des silhouettes parfaites, elle n’explique pas pourquoi les visages des héros et héroïnes restent si uniformes. Le cas le plus emblématique est celui d’Anran Ye : entre sa première apparition dans un trailer à la Gamescom 2025 et son intégration récente au jeu, ses traits ont été largement modifiés, la rapprochant visiblement de Juno, une autre héroïne. Même la streameuse Fareeha, sa comédienne de doublage, juge cette conformité aux standards de beauté décevante et rappelle que remettre en question ces normes “est une cause qui mérite d’être défendue avec acharnement”.
On ne peut pas lui donner tort : l’attrait originel d’Overwatch reposait sur la diversité de ses personnages. Au-delà de son gameplay innovant, le jeu a séduit par la variété de son roster. Certes, certains héros respectaient dès le départ les standards de beauté, comme D.Va ou Ange. Mais d’autres, tels que Zarya, Mei, Chopper ou Chacal, s’écartaient de ces critères tout en proposant des designs originaux et rafraîchissants.
Le changement d'Anran Ye

Cette diversité permettait à chacun de se retrouver dans les champions, tant sur le plan physique que dans leur personnalité. Surtout, les effets négatifs de la surreprésentation des canons de beauté dans les jeux vidéo sont reconnus par la communauté scientifique, particulièrement chez les enfants et les adolescents, qui sont en pleine phase de découverte de leurs corps. Certes, les skins d’avatars sexy sont sûrement ceux qui vendent le plus, comme en témoigne le nombre de skins dispo pour Kiriko (29), Ange (27) et Fatale (21). Mais en privilégiant absolument les ventes de cosmétiques au détriment de la richesse des personnages, Blizzard compromet l'un des fondements mêmes de ce qui a fait le succès d’Overwatch.