Un nouveau jeu de football estampillé FIFA arrive, mais il ne ressemble en rien à ce que beaucoup imaginaient. Il y a quelques semaines, la Fédération a levé le voile sur un partenariat inattendu avec un géant du divertissement, mais pas n’importe lequel : Netflix. Il y a de vraies ambitions derrière cette alliance stratégique et je dois dire que l’idée est brillante. Or, de multiples questions se soulèvent à quelques mois du coup d’envoi, et il y a des sujets qui risquent d’inquiéter plutôt que de rassurer.
Netflix et la FIFA s’allient pour un nouveau jeu de foot, et personne ne l’a vu venir
Le 17 décembre dernier, le nom « FIFA » a de nouveau été lié à celui du monde du jeu vidéo, mais il y a fort à parier que les joueurs qui se souviennent des grandes heures de la franchise, sous la bannière d’Electronic Arts, ont été surpris par la stratégie derrière ce retour. Pendant les mois qui ont suivi le divorce entre la FIFA et Electronic Arts, les spéculations allaient bon train au sujet de la succession. Qui aurait les reins assez solides pour porter le nom de la FIFA ? Netflix, tout simplement.
C’est donc à cette date que le partenariat entre la FIFA et Netflix a été officialisé, mais ce serait oublier un léger détail. Au milieu de cette alliance, il y a Delphi Interactive. Vous ne remettez pas ce nom ? Pas d’inquiétude, vous n’êtes pas les seuls, et la rédaction de GamesIndustry est allée mener l’enquête. Dans un long entretien avec quelques noms importants de la société, on a pu apprendre que c’est elle qui a donné l’impulsion au projet 007 First Light, le titre dans l’univers de James Bond développé par IO Interactive.
FIFA is changing the game.
— Netflix (@netflix) December 17, 2025
Get ready for a newly reimagined FIFA football simulation game developed by Delphi Interactive exclusively on Netflix Games this summer — just in time for FIFA World Cup 2026™. pic.twitter.com/i4SRfbKrd7
Ce qui nous intéresse ici, ce sont surtout les déclarations qui entourent la révélation de ce projet, mené en étroite collaboration avec Netflix. Car, il faut l’avouer, on ne sait pas grand-chose en l’état actuel des informations. Pour l’instant, on a eu la confirmation d’une sortie en 2026 pour accompagner la nouvelle édition de la Coupe du monde (qui aura lieu aux États-Unis, soulignons-le), ainsi que l’inclusion sans surcoût de ce titre parmi les avantages conférés aux abonnés.
Pour le coup, avec ce jeu estampillé FIFA, Delphi Interactive explique vouloir mettre en avant la double casquette de la société, celle d’un éditeur-développeur souhaitant proposer une alternative aux modèles classiques de production de AAA et réinventer la manière de concevoir des projets à très gros budgets. Ici, on a bien la confirmation d’un produit AAA autour de la marque FIFA, même si cela manque encore de précisions concernant la commercialisation du projet en dehors de la plateforme et sa conception. Sur ce point, il y a encore peu d’informations à glaner, et si j’estime que l’idée d’un partenariat entre Netflix et la FIFA est brillante, il y a quand même des raisons de frissonner…
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Netflix était le candidat parfait pour incarner la popularité du football, mais ce détail risque d’être mal vu
Netflix a beau être l’un des leaders mondiaux du divertissement, notamment en ce qui concerne les films, séries et autres programmes, il n’a pas toujours bonne réputation. Dans le cadre de ce partenariat avec la FIFA autour de la construction d’une nouvelle expérience AAA, encadrée par Delphi Interactive, Netflix a un gros coup à jouer. En début d’année, le géant américain a annoncé un chiffre colossal concernant son nombre d’abonnés. Désormais, ils sont plus de 325 millions à avoir souscrit à l’une de ses offres. À quelques dizaines de millions près, c’est comme si chaque habitant des États-Unis payait un abonnement.

Ce qui, à mon sens, est brillant ici — et c’est sûrement ce qui a dû convaincre la FIFA —, c’est que la plateforme ouvre les portes du football à un immense public, d’autant qu’il s’agit là du sport le plus pratiqué sur la planète. Le football, c’est le sport populaire par excellence, et aucune plateforme ne représente mieux cet aspect populaire que Netflix à l’heure actuelle. Netflix, c’est un phénomène qui rassemble énormément de monde, et c’est aussi la perspective de toucher un grand nombre de joueurs potentiels. Bien sûr, les plus de 300 millions d’abonnés ne joueront pas tous, mais entre la « gratuité » de ce titre et l’emballement général pour la Coupe du monde, cela pourrait provoquer de sacrés remous.
Pour autant — et vous devez me voir venir —, ce projet risque d’être mal perçu par une partie des joueurs, car il démontre surtout une volonté de casualisation de l’expérience, puisqu’elle reposerait en grande majorité sur le mobile. Rappelons qu’on ne connaît pas totalement l’ambition du trio qui œuvre à ce projet. Encore une fois, l’idée est brillante, car le marché mobile reste plus accessible que celui des consoles de salon, mais ce qui risque de faire tiquer les joueurs, si le projet s’exporte au-delà de cette plateforme, c’est potentiellement le manque d’expérience du studio derrière cette production.

Dans l’article de GamesIndustry, on apprend que ce sont les équipes de Refactor Games qui sont chargées de la conception, un studio dont le seul titre à ce jour n’est autre que Football Simulator, un jeu autour du football américain qui se voulait aussi dynamique que réaliste. Entreprendre un tel projet avec un portfolio aussi réduit, presque inexistant, et avec des ambitions AAA, peut avoir l’air d’un pari audacieux, mais c’est celui que la FIFA et Netflix ont décidé de mener. D'ailleurs, sur le site de Refactor Games, on peut trouver quelques indices à travers les offres d'emploi, où figurent les termes « Unreal Engine 5 », « 3D en temps réel », « physique des tacles » ou encore « trajectoire du ballon ». Pour le moment, difficile de se prononcer sur la réussite de ce titre, mais nous sommes à quatre mois des phases de groupes et toujours aucune séquence de jeu à l’horizon…