REPLACED : Un Voyage Dystopique Prometteur Entre Défis et Esthétique Cyberpunk

Titre original : Aperçu REPLACED sur PC du 09/02/2026

Replaced revient de très loin. Percuté par la guerre et l’exil, le titre de Sad Cat Studios se laisse enfin approcher. Nous avons pu jouer à ce titre d’action-plateforme à l’esthétique 2.5D sublime, qui porte les cicatrices de ses créateurs.

Un développement sous le signe de la survie

Dire que le développement de REPLACED a été compliqué relèverait de l’euphémisme. J’étais jeune et insouciante l’année où je pensais pouvoir toucher au jeu pour la première fois ; c’était en 2022. Mais le projet a été percuté de plein fouet par la guerre en Ukraine, contraignant la jeune équipe de Sad Cat Studios à fuir ses quartiers de Minsk. Il leur a fallu tout reconstruire à Chypre, des fondations du studio jusqu'à l'espoir de voir leur œuvre aboutir. Pendant un temps, on a même cru le projet perdu dans les mêmes limbes que côtoie The Last Night, cet autre jeu cyberpunk qui lui ressemble tant.

Quatre ans plus tard, c’est un directeur de studio visiblement fébrile mais déterminé qui nous accueille dans les locaux de Thunderful, son éditeur et soutien indéfectible. « J’étais très nerveux à propos de cette journée », nous confie-t-il en concluant la présentation de ce jeu dystopique qu’il a tant peiné à faire naître. Mais cette fois, c’est la bonne. Enfin, peut-être ?

Retardée par la guerre, la claque cyberpunk qu'on n'attendait plus débarque enfin et on y a joué !

Par une étrange ironie du sort, les thématiques de Replaced résonnent aujourd'hui parfaitement avec notre époque, comme si le destin avait retardé l’échéance pour mieux les mettre en lumière. Pour R.E.A.C.H., le protagoniste, tout commence par un traumatisme. Conçue comme une IA de pointe au sein de la Phoenix Corp, elle se retrouve - suite à un incident catastrophique - transférée de force dans le corps d'un homme nommé Warren. Larguée dans une Phoenix-City alternative des années 80, elle découvre vite que sa propre création dissimule des desseins bien plus sombres que la simple recherche scientifique.

Une esthétique envoûtante, un gameplay qui se cherche

Comme d’autres dans la salle, c'est d’abord l’esthétique minutieuse de Replaced que je me surprends à apprécier. Les animations sont superbes et le pixel art en 2,5D, foisonnant de détails, laisse échapper de magnifiques nuances de lumières chaudes. Les décors fourmillent de vie : un marché assailli par la pauvreté ambiante, une cafétéria où traînassent quelques zonards et une cave miteuse transformée en maison de fortune. J’avais vu quelque chose de comparable, toutes proportions gardées, dans Tails Noir, ce jeu avec un raton-laveur détective à l'ambiance polar. Ici, on a la touche cyberpunk en plus : celle des quartiers sales rongés par la misère et des néons qui scintillent dans les ruelles. C'est là que rôdent vos ennemis, les "Termites", de sales bêtes nées pour vous ôter le pain de la bouche. Mention spéciale à l'ambiance sonore : la musique ressemble au résultat d'une recherche YouTube que j’obtiendrais après avoir tapé : "LoFi - you’re lost in a big cyberpunk city and you’re crying alone". Et j’aime beaucoup ça.

Retardée par la guerre, la claque cyberpunk qu'on n'attendait plus débarque enfin et on y a joué !Retardée par la guerre, la claque cyberpunk qu'on n'attendait plus débarque enfin et on y a joué !Retardée par la guerre, la claque cyberpunk qu'on n'attendait plus débarque enfin et on y a joué !

Cependant, la richesse du récit se heurte à une prise en main plus rugueuse. Les premiers combats à mains nues sont assez fébriles, limités par une maigre palette de coups. On se dit très vite qu’on ne reviendra pas pour ça. Heureusement, un peu de saveur se dessine au bout d’une heure de jeu lorsque je récupère ma première arme à feu, puis une pioche, laissant espérer des affrontements plus denses par la suite. Une mécanique amusante sort d'ailleurs du lot : il est nécessaire de frapper l’ennemi à plusieurs reprises au corps à corps pour recharger son arme à feu, forçant ainsi un rythme agressif.

Avec une durée de vie annoncée de 9 à 10 heures, Replaced se veut une expérience cinématographique, portée par des changements d’angles de caméra stylisés qui viennent bousculer l’horizontalité du jeu. Linéaire et rigoureux dans son parcours, le titre propose déjà un mélange de platformer et de runner solide... du moins, jusqu’à ce que je tombe dans un trou noir infini trahissant les failles techniques du build actuel. Une poignée de bugs béants, planqués çà et là, à quelques semaines de la sortie théorique, le 12 mars 2026. Tic, tac…

Nos impressions

Le voyage a été long pour Sad Cat Studios, presque aussi brutal que l'exil de R.E.A.C.H. dans le monde physique. Malgré une jouabilité qui demande encore à être polie, le titre dégage une aura magnétique qu'il est difficile d'ignorer. Espérons que ces dernières semaines de développement suffiront à transformer ce diamant brut en l'icône dystopique qu'il mérite peut-être d'être...

L'avis de la rédaction
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