Lancé dans la tourmente en juin 2025, MindsEye traîne une réputation désastreuse malgré le pedigree de son créateur, Leslie Benzies, ancien patron de Rockstar North. Avec le déploiement de sa mise à jour 7 ce 4 février 2026, le studio Build A Rocket Boy tente l’impossible : effacer l’ardoise d’un lancement raté et initier une remontada technique et médiatique digne de celle de Cyberpunk 2077.
Lancé en juin 2025 avec l'ambition de redéfinir le jeu d'action cinématique, MindsEye s'est rapidement imposé comme l'un des naufrages industriels les plus marquants de la décennie. Développé par Build A Rocket Boy, le studio fondé par Leslie Benzies - ancien architecte de la saga Grand Theft Auto -, le titre a sombré dès sa sortie : bugs omniprésents, optimisation désastreuse et un pic de joueurs anémique ne dépassant pas les 3 300 utilisateurs simultanés sur Steam. Huit mois plus tard, le studio tente le tout pour le tout avec la mise à jour 7, déployée ce 4 février 2026, espérant reproduire le miracle accompli par CD Projekt Red avec Cyberpunk 2077.
Un "reset" technique pour une seconde chance
Présentée par le PDG Mark Gerhard comme un véritable « reset de la marque », cette mise à jour massive vise à aligner enfin le jeu sur la vision de qualité initiale du studio. Le patch note est exhaustif : amélioration drastique de l'intelligence artificielle ennemie, fluidification de la campagne narrative et correction de la navigation des missions pour les rendre moins frustrantes. Pour tenter de séduire les joueurs restants, le studio a également ajouté du contenu inédit, notamment la « Silva E-Series », une course urbaine scénarisée destinée aux possesseurs de l'édition Deluxe. L'objectif est clair : transformer un lancement catastrophique en une success story de rédemption sur le long terme. Le studio promet d'ailleurs une extension future ajoutant du contenu "end-game" et un mode multijoueur via sa plateforme ARCADIA.

Entre scandales et indifférence
Pourtant, le chemin de la rédemption semble miné. Contrairement à Cyberpunk 2077, qui reposait sur une base de joueurs massive et un univers salué, MindsEye souffre d'un déficit d'intérêt critique, avec un pic de joueurs n'ayant atteint que 33 connectés simultanés dans les 24 heures suivant la mise à jour. De plus, le studio traverse une crise interne majeure. Après avoir licencié près de 300 employés, la direction a été accusée par d'anciens salariés de gestion toxique et de micromanagement destructeur. Leslie Benzies lui-même a blâmé des "saboteurs" internes pour l'échec du jeu, tout en faisant face à une controverse externe liée à la mention de son nom dans les fichiers Epstein, bien qu'il ait fermement nié toute implication criminelle. Avec un partenaire d'édition, IO Interactive, qui se serait retiré du projet, ce "reset" ressemble davantage à une opération de la dernière chance qu'à une véritable renaissance.