Découverte de Planet of Lana 2 : Un voyage onirique enrichi mais familier

Titre original : J'attendais ce jeu vidéo onirique depuis 3 ans et j'ai enfin pu y jouer !

Invités en exclusivité dans les locaux suédois de Wishfully, nous avons pu poser les mains sur Planet of Lana 2 pendant deux heures. Entre direction artistique à tomber et gameplay enrichi, cette suite parvient-elle à se réinventer ou reste-t-elle sagement dans les pas de son aîné ? Premiers éléments de réponse.

Dehors, Göteborg affiche un glacial -5°C à l’heure où j’écris ces lignes. Pourtant, on ne ressent qu’une vive chaleur dans le jeune studio au parquet craquant de Wishfully, niché dans les quartiers résidentiels de la ville. Ici, les artistes marchent pieds nus, un café brûlant à la main, titillés par les allées et venues de Seven, le chien mascotte des lieux. Sur une dizaine d’écrans, on nous laisse enfin toucher à leur seconde production : Planet of Lana 2, né du joli succès d’un premier volet paru trois ans plus tôt. Très vite, une évidence s'impose : le jeu ressemble à la version idéalisée que je me faisais du premier épisode. Est-ce vraiment une bonne chose ? Je ne sais pas encore.

On prend les mêmes et on évolue ?

Sur la forme, la continuité est de mise. On incarne toujours la jeune Lana, intrépide et insondable, dont le visage trahit à peine le passage du temps, bien que deux ans se soient écoulés. Elle est indissociable de Mui, sa petite bête à poil noire, atout indispensable dès que la situation semble désespérée. Si les robots ne sont plus les seuls antagonistes, la menace s'est diversifiée. Une faction humaine impitoyable, les Dijinghala, s'est approprié la technologie des envahisseurs pour piller les ressources naturelles de la planète. Malgré ce nouveau contexte narratif, l’objectif ne dépayse pas vraiment : il y a toujours quelqu’un à sauver, le tout dans un défilement horizontal rythmé par des machines mortelles et des rayons laser à éviter.

J'attendais ce jeu vidéo onirique depuis 3 ans et j'ai enfin pu y jouer !

Lana a gagné en agilité : elle sait désormais sauter sur les murs, glisser au sol en pleine course, mais aussi nager et plonger pour explorer des ruines aquatiques inédites. Mui, de son côté, monte aussi en gamme. On peut désormais diriger la créature avec une précision omnidirectionnelle (finie la contrainte gauche/droite). Son pouvoir d'hypnose permet de prendre le contrôle de divers animaux et robots hybrides pour résoudre des énigmes plus complexes. J'ai par exemple pu piloter le "Roller", une boule de poils sphérique capable de grimper aux murs, de se coller au plafond et de servir de mèche vivante pour allumer des feux.

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Une poésie visuelle un brin trop sage

En deux heures de jeu, j’ai eu l’agréable surprise d’explorer une palette de puzzles déjà bien fournie. Le studio nous promet d'ailleurs une durée de vie deux fois plus généreuse que le premier opus. J’ai également découvert de nouveaux biomes : des nappes enneigées où Lana peine à avancer et des mines oppressantes gardées par des machines ouvrières. Esthétiquement, Planet of Lana 2 conserve cette patte "peinte à la main", douce et légère, sublimée par les mélodies de Takeshi Furukawa (The Last Guardian). Le compositeur revient avec une bande-son orchestrale enregistrée à Budapest, annoncée comme plus complexe et plus sombre.

Je pense sincèrement que cette suite sera un excellent jeu de réflexion, bien qu'il reste un platformer assez rigide dans ses fondations. Il s'annonce comme une version boostée et maîtrisée du premier volet. Difficile toutefois de ne pas se sentir un peu refroidi par un classicisme profond. Si vous aimez les jeux de plateforme atmosphériques aux effluves de productions Ghibli et que vous n’en êtes jamais rassasiés, tentez l’aventure les yeux fermés. Si seuls les chefs-d'œuvre du genre trouvent grâce à vos yeux, cette suite pourrait s'avérer dispensable.