Vous avez sûrement déjà vu la vidéo dans laquelle Emmanuel Macron tisse des liens entre la violence des jeunes et les jeux vidéo. Si certains arguments de son discours sont logiques, d’autres ont de quoi nous laisser dubitatifs.
Jeux vidéo et jeunes joueurs : concertation avant interdiction ?
C’est lors d’un entretien chez Brut que l'actuel président de la République française, Emmanuel Macron, a fâché les joueurs. “Il est clair qu'on a des jeux vidéo violents qui conditionnent à la violence, qui créent une excitation, une dépendance”, explique-t-il. “Et maintenant on va se poser la question, objectiver la question avec des gens indépendants, des scientifiques, qui vont nous dire quelle est la réalité des choses, quel impact ça a sur les enfants et peut-être qu'il faudra interdire”, ajoute-t-il. Depuis que la vidéo a été publiée, de nombreux joueurs fulminent.
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Oui, les jeux vidéo sont encore pointés du doigts car ils provoqueraient des comportements asociaux, voire violents. Oui, le spectre d'une interdiction de vente aux plus jeunes s’agite, encore et toujours. Parmi les voix les plus fortes qui se dressent contre les propos du président, il y a celle du SELL, le syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs. "On ne peut pas se féliciter des succès du jeu vidéo français le matin, décorer le secteur le midi, pour mieux le dénigrer le soir", s’indigne Nicolas Vignolles, délégué général du SELL, soulignant le fait que le ministère de la Culture vient d’élever l’équipe derrière Clair Obscur : Expedition 33 au rang de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Cependant, Emmanuel Macron précise bien qu’il y a “jeu vidéo et jeu vidéo”.
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À chaque problème sa solution… qui existe déjà
Au cours de l’interview, l'actuel locataire de l'Élysée pointe trois problèmes. Le premier vient du fait qu’un jeune public jouerait à des jeux violents. “Le bon sens est de se dire que c'est mauvais pour nos enfants que de les laisser passer des heures et des heures devant des jeux vidéo violents, qui conditionnent à la violence”, dit-il. Le deuxième, c’est que les jeunes joueurs passeraient trop de temps sur les jeux vidéo. “Il y a des jeunes et des ados qui vont jouer des heures et des heures, qui parfois ne vont pas dormir et développent des troubles du sommeil. Je dis aux familles que votre rôle, c'est de faire attention à vos enfants et vos ados, ne les laissez pas passer autant de temps”, prévient-il. Le troisième, c’est que les jeux vidéo violents rendraient violents. “On va se poser la question avec (...) des scientifiques qui vont nous dire quelle est la réalité des choses”, entend-on.
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Ceci étant dit, les trois soucis relevés par Emmanuel Macron ont déjà des solutions et des réponses. Pour ce qui est de l’accès aux jeux violents par des enfants/adolescents, il y a le système PEGI qui informe les parents si un jeu vidéo est bien adapté à l’âge de leur enfant. Néanmoins, il s’agit d'une recommandation. Contrairement au cinéma où un âge minimum est requis pour voir des films au contenu sensible, le jeu vidéo peut être vendu sans qu'une carte d'identité ne soit demandée.
En ce qui concerne le temps que les enfants passent sur les consoles, toutes les machines, même celles qui sont portables, disposent d’une application de contrôle parental pouvant limiter le temps de jeu en quelques clics. Enfin, à propos du postulat que les jeux violents rendraient violents, aucune étude sérieuse n’est parvenue à vérifier cette hypothèse avancée de (trop ?) nombreuses fois. "Les raccourcis ne peuvent plus être acceptés en 2026", s'indigne cette fois-ci le SNJV (syndicat national du jeu vidéo) dans un communiqué. Les discussions s'annoncent houleuses.