Aniimo : Un Pokémon-like gratuit prometteur mais peu surprenant

Titre original : Ce Pokémon-like gratuit en monde ouvert m’a occupé pendant des heures, mais il a oublié de me surprendre…

Ces derniers jours, les adorables créatures du jeu vidéo Aniimo, un Pokémon-like gratuit en monde ouvert, m’ont accueilli à travers les multiples régions d’Idyll. Après le succès de Palworld, d’autres titres se sont engouffrés dans la brèche, accumulant tous les poncifs du free-to-play. Est-ce que les bouilles à nous faire fondre des créatures d’Aniimo ont-elles un vrai potentiel ? J’y ai passé un bon paquet d’heures, et voilà ce que je peux vous en dire.

Personne n’est sans savoir que la franchise Pokémon est l’une des plus puissantes et lucratives au monde d’un point de vue financier. Depuis sa création, on estime qu’elle a atteint les 288 milliards de dollars de revenus. Bien que les jeux vidéo estampillés Pokémon soient davantage un produit d’appel, certains studios veulent se tailler la part du lion. Dernièrement, il y a eu l’arrivée de Palworld, suscitant de vifs débats sur la propension de ce type de jeu à singer la licence de Game Freak et à en reprendre le concept, voire même quelques-unes des idées de gameplay. Bref, la boîte de Pandore est ouverte !

Ce Pokémon-like gratuit en monde ouvert m’a occupé pendant des heures, mais il a oublié de me surprendre…

En juin dernier, à l’occasion du Xbox Games Showcase 2025, le duo formé par Kingsglory et Pawprint, respectivement éditeur et studio de développement, a présenté les premières images d’un certain… Aniimo, un Pokémon-like où l’on capture… des animaux. Quelques semaines après cette annonce, on a eu le droit à de premiers tests — une bêta fermée réservée à une poignée de joueurs, du 4 au 10 juillet —, et voilà qu’Aniimo ouvre à nouveau ses portes pour une durée de plusieurs jours. De mon côté, j’ai pu mettre les pieds dans ce titre qui se présente comme l’un des gros concurrents de Pokémon en 2026 et, surtout, l’un des free-to-play les plus riches et les moins originaux à la fois…


Divine Idyll, un monde à la croisée de Genshin Impact et Pokémon

Comme je le disais juste avant, le titre de Pawprint est attendu pour cette année et vous sera accessible gratuitement sur PC, Steam, consoles et mobiles ! Oui, Aniimo ne laisse presque aucun support de côté et compte bien amener un maximum de joueurs à faire la découverte d’un vaste univers, baptisé Idyll. À l’occasion de cette seconde phase de bêta, on pouvait faire le tour des multiples régions présentes sur la carte, où chacune se différencie à la fois par un indicateur de niveaux (permettant d’installer un fil conducteur dans la progression) et par une ambiance propre.

Pour l’instant, en gardant à l’esprit que le titre de Pawprint est encore en cours de développement et qu’il ne reflète pas le résultat final, Aniimo est plutôt joli, même si la direction artistique n’a rien de révolutionnaire — elle est même assez quelconque — et me donne parfois le sentiment (notamment pour les créatures) d’être un clone peu inspiré de Palworld tant certaines créatures peuvent prêter à confusion. Lorsque tout se ressemble plus ou moins, ce n’est pas vraiment bon signe, et on y reviendra…

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Idyll prend donc l’aspect d’un monde gigantesque où l’on peut croiser une myriade de créatures à capturer et une palanquée d’activités annexes. Si vous aimez explorer des mondes ouverts, Aniimo devrait vous plaire, même si j’ai trouvé que, dans l’ensemble, les différents biomes n’ont pas grand-chose d’extraordinaire à offrir et que l’on retombe souvent sur les mêmes activités. Un autel (« Bloom ») à activer, des ambres à récupérer en réalisant une action bien définie, des puzzles environnementaux à résoudre, des objets à collecter dans un temps limité et des coffres d’une rareté plus ou moins importante à dénicher.

Une fois encore, on reste sur une proposition très standardisée qui se repose beaucoup sur ses acquis (notamment ceux des autres…). Ceci étant dit, pour ceux et celles qui affectionnent les jeux vidéo cosy avec un petit côté « to-do list » et qui aiment ratisser chaque zone de fond en comble et remplir un Pokédex à la perfection, la formule se montre efficace, voire redoutable. Si j’essaie d’équilibrer la balance sur ce point, je dois dire qu’au lieu d’attraper des Aniimo à ne plus savoir quoi en faire, j’aurais adoré saisir l’âme de ce jeu, parce que je la cherche encore…

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La flemme des Aniimo : ce Pokémon-like fait tout comme les autres…

À mes yeux, plus les heures passaient, plus Aniimo ressemblait à une espèce de pot-pourri géant dans lequel on a placé toutes les expériences qui ont fait mouche lors des dix dernières années. Le monde ouvert dans lequel on retrouve un milliard de choses à faire, c’est du Genshin Impact. Les aniimo que l’on capture, que l’on fait évoluer et avec lesquels on se bat, c’est du Pokémon. Enfin, le plus choquant, selon moi, ce sont les fonctionnalités et mécaniques de jeu empruntées à The Legend of Zelda : Breath of the Wild à tel point que ça en est assez consternant, et j’expliquerai cela davantage d’ici quelques lignes.

Pas de doute, Aniimo est bel et bien un free-to-play qui a décidé de prendre exemple pour livrer une quasi-anthologie de ce genre qui figure parmi les plus populaires et les plus saturés. Le titre est bardé de menus et regorge tellement d’objectifs qu’on se retrouve à marteler sans cesse le même bouton pour accumuler des récompenses dont on ignore longtemps l’utilité avant d’en comprendre le véritable fonctionnement. Dans Aniimo, il y a tout le temps quelque chose à faire. Si ce n’est pas lié à chaque aniimo, ce sont des événements ponctuels dans lesquels avancer, des missions glanées par-ci par-là, une quête principale qui sert de fil conducteur et une mécanique de Battle Pass.

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Soit dit en passant, ce concept s’applique également à ce côté Pokémon-like où la complétion du Pokédex (ici, l’Aniilog) nécessite autant de valider des tâches (combattre cet aniimo X fois, le battre avec des attaques qui exploitent sa faiblesse X fois, collecter les X formes de cette espèce…) pour engranger des points de recherche que de débloquer les différents embranchements d’une évolution (c’est d’ailleurs une subtilité intéressante, reprenant aussi ce concept de la franchise Digimon). D’ailleurs, l’évolution ne consiste pas seulement à atteindre un niveau bien précis, il y a parfois d’autres conditions à remplir et objets à détenir, ce qui se rapproche de la progression des personnages dans Genshin Impact.

En l’occurrence, il faut aller combattre des Aniimo Alpha du type associé, ajoutant une couche de plus aux multiples systèmes de jeu déjà présents. Et puis, si ce n’était pas déjà suffisant, Aniimo double la mise au fil de la montée de niveau de notre personnage, débloquant tout un pan de jeu consacré à la gestion d’un espace dans lequel inviter les autres joueurs et à l’entretien d’une parcelle de terre de plus en plus vaste dédié à la récolte de ressources. Il y a même un simulateur de combat par type pour mettre la main sur des objets à faire tenir aux Aniimo pour les renforcer et qui prend la forme d’un rogue-lite. Bref, le titre de Pawprint, c’est un million d’idées reprises à droite à gauche, et ce n'est pas franchement novateur. L’exemple le plus édifiant, c’est le repompage sans vergogne des sanctuaires de The Legend of Zelda : Breath of the Wild et de la mécanique de Polaris. Quitte à créer des donjons, on aurait aimé un peu plus d'originalité...

Ce Pokémon-like gratuit en monde ouvert m’a occupé pendant des heures, mais il a oublié de me surprendre…

Ne faire qu’un avec les Aniimo : le petit truc en plus de ce free-to-play à la croisée de grandes références du jeu vidéo

Pour le coup, il y a de quoi lever les yeux au ciel, et c’est dommage, car il y a des idées intéressantes dans Aniimo, en particulier autour de sa dimension action-RPG et de son concept basé sur la fusion de notre personnage avec chaque espèce. Du point de vue de l’exploration, c’est une mécanique bien pensée ! Au lieu d’avoir un personnage qui se découvre un talent inné pour l’escalade, le parapente ou la plongée, ce sont les aniimo qui viennent nous filer un coup de main. Par exemple, lorsqu’il faut grimper sur une paroi, voler entre deux plateformes, s’enfouir sous terre pour pénétrer dans des endroits exigus ou débloquer un passage recouvert de ronces, on peut fusionner et les contrôler naturellement.

Il y a plusieurs manières de tirer profit de chaque aniimo et tout un tas d’énigmes qui reposent sur leurs spécificités, et dont il nous revient de trouver la solution pour mettre la main sur notre récompense. Pour faciliter l’emploi de cette fonctionnalité, on peut même paramétrer l’aniimo qu’on souhaite utiliser pour effectuer telle ou telle action, ce qui veut dire qu’on n’a pas besoin de tout le temps trimballer telle ou telle créature dans notre si on ne compte pas l’utiliser pour les captures ou le combat (même si on peut créer plusieurs slots d’équipe).

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Maintenant, la transition est toute trouvée pour évoquer l’utilité de cette mécanique lors des combats. Si jamais vous voulez être dans la peau d’un Aniimo, même lors de vos phases de capture, c’est possible. À certains moments, lors des affrontements en temps réel, le jeu vous indique le taux de chance de capture et propose une action contextuelle pour revenir à votre état normal et tenter d’attraper la créature que vous affrontez. Là où cette idée prend une dimension plus intéressante, ce sont lors des combats plus exigeants, en particulier contre les aniimo Alphas puisqu’ils prennent (presque) la forme de combats de raid, ou, du moins, reproduit le principe des luttes contre les Pokémon Barons de Légendes : Arceus et Légendes : Z-A.

Dans les faits, ça apporte de la variété dans les activités et mécaniques du jeu, et ça se repose sur un système où chaque aniimo a un rôle à jouer au combat : DPS, Break, Heal, etc. En progressant, il devient donc intéressant de préparer des équipes centrées autour d’un seul type avec des rôles différents. Un bon point pour Aniimo, mais je ne peux pas empêcher de penser que c’est peut-être là le seul point fort à vendre, même si cela n’a rien de novateur en soi. Décidément, Aniimo a peut-être un truc en plus, mais surtout beaucoup de choses empruntées ailleurs…

Ce Pokémon-like gratuit en monde ouvert m’a occupé pendant des heures, mais il a oublié de me surprendre…

Qu’on se le dise, Aniimo reproduit à merveille les mécaniques de free-to-play que ses concurrents ont étrenné pendant des années. Pour celles et ceux qui sont friands de Pokemon-like, Genshin-like et autres jeux vidéo gratuits qui regorgent d’activités à faire au point de nous ensevelir, nul doute que la sauce prendra. Pour le reste, l’originalité d’Aniimo n’est ni à la hauteur, ni suffisamment développée pour en faire l’un des titres révolutionnaires de 2026. En soi, fusionner avec les créatures est une idée intéressante, mais elle m’a très vite montrée ses limites, notamment dans les combats. C’est (trop) simple, (très) efficace, mais on a surtout l’impression que c’est un énième free-to-play chronophage dont on ne retiendra finalement que peu de choses.