Attention, les puristes risquent de recracher leur thé à l’herbe verte ! Quand nous évoquons une version dite “définitive” du premier Resident Evil, deux camps s’affrontent. Il y a ceux qui disent que la version finale du jeu de Capcom est la Director’s Cut parue en 1997 tandis que d’autres jurent uniquement par le remake GameCube sorti en 2002. Il y a cependant une version sortie uniquement sur Nintendo DS qui ne doit pas être réduite au silence.
La peur dans la poche
Capcom a longtemps cherché à porter Resident Evil sur consoles portables afin que les joueurs puissent avoir peur dans le métro ou dans leur lit, seuls dans le noir (enfin, avec une source lumineuse leur permettant de voir leur écran, quand même). Son survival-horror, qui est devenu un phénomène planétaire, a même failli arriver sur Game Boy Color au tout début des années 2000 ! Malheureusement, ce portage impressionnant développé par le studio londonien HotGen est soudainement annulé sans que l’on ne sache trop pourquoi. Il se murmure que Capcom aurait trouvé cette édition “indigne” et aurait tiré un trait sur le projet. Rassurez-vous, il est aujourd’hui possible d’y jouer. Les zombies, ça ne s’enterre pas aussi facilement !



Certes, le groupe japonais sort bien un Resident Evil, sous-titré Gaiden, sur GBC en 2001, mais l’exploit n’est pas là. Le titre est peut-être inédit, mais ni sa technique, ni son gameplay, ni son histoire ne plaisent aux fans. Les quelques éléments scénaristiques nouveaux introduits sont invalidés dès la sortie de Resident Evil 4 ! Malgré l’arrivée en 2004 de la toute première PlayStation portable de l’histoire (avec la PSP), c’est bien sur Nintendo DS que Capcom retente l’aventure du portage du premier Resident Evil. Cette fois-ci, le géant japonais mène le projet à son terme. Malheureusement, ce sont les journalistes qui vont le trouver indigne.

Le Resident Evil boudé par la presse
Vendu comme “Resident Evil remis au goût du jour”, Resident Evil : Deadly Silence sort sur Nintendo DS au mois de janvier 2006 au Japon. Oui, il y 20 ans, déjà ! À son lancement, la presse l’accueille froidement. Doté d’une moyenne de 71/100 sur Metacritic, il est décrit comme “inconfortable” dans sa maniabilité, “raté” dans ses graphismes et “sans argument pour replonger dans Resident Evil”. “L'intensité des effets de surprise disparaît, le côté kitsch est poussé à l'extrême”, renchérit Eurogamer. “Bien qu'il conserve tous les défauts décrits ici, le remake sur GameCube offre au moins de superbes graphismes et quelques surprises décentes”, ajoute le site. Sorti 4 ans plus tôt sur GameCube, le sublime remake de BioHazard est encore dans toutes les mémoires et Deadly Silence se heurte à des comparaisons assassines.



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“Bien que le papa de Street Fighter nous ait bluffés (...) avec le remake de Resident Evil sur GameCube, pouvait-on en attendre autant sur DS ? À vous de voir, mais outre le fait qu'il soit difficile de créer le sentiment de peur ou de surprise sur une portable, ce portage se révèle assez maladroit”, écrivions-nous dans notre test. La réputation de Deadly Silence est vite faite : il s’agirait d’un portage pas très intéressant d’un jeu culte sorti 10 ans plus tôt, en 1996, sur PS1. Les dés sont jetés ? Pas vraiment. Au fil des mois, puis des années, les joueurs découvrent cet épisode mal-aimé… et beaucoup l’apprécient. Petit à petit, la note utilisateur de Metacritic monte puis dépasse la moyenne de la presse. Même chose chez nous : alors que nous avons donné un 11/20 à Deadly Silence, vous lui avez accordé un 15,4/20.
Un indispensable pour le fan hardcore de BioHazard
Si on le compare au remake GameCube, Resident Evil Deadly Silence a de quoi décevoir. Cependant, cet épisode DS mérite définitivement l’attention de tous les fans de la licence, et en particulier les nostalgiques de l’épisode PS1 et les plus “hardcores”. D’une certaine façon, il peut même être vu comme une version plus complète de la Director’s Cut sortie en 1997. Disposant d’un gameplay rafraîchi (on peut recharger en mouvement, effectuer un 180°, se dépêtrer des griffes d'un zombie), Deadly SIlence a aussi sa propre version du mode “arrange”. En effet, le mode “renaissance” ne modifie pas seulement la place de certains objets/ennemis, il ajoute des énigmes ainsi que des combats spécialement pensés pour l’écran tactile de la console ! Certes, il y a du bon et du moins bon, mais réanimer un de nos camarades grâce au micro de la console a ce petit charme qui fait que le joueur est plus intégré à l’univers du jeu. Les puristes, eux, sont invités à revivre le grand frisson PS1 grâce au mode Classique inclus.



Cette version DS de Resident Evil a également plusieurs petites choses amusantes. Il est par exemple possible d’embêter Jill ou Chris en les touchant via l’écran tactile. Ils expriment alors leur surprise avec des petites animations amusantes. Inutile donc indispensable ! En outre, quand les zombies nous vomissent dessus, souffler dans le micro renvoie le liquide à la tête de l’agresseur. Pas mal ! Dans les bonus appréciables, il y a également un mode multijoueur jouable en local jusqu’à 4. L’objectif n’est pas très original, puisqu’il faut arpenter des niveaux à la recherche d’ennemis à tuer pour faire le plus gros score possible. Techniquement, ce n’est pas fou, nos coéquipiers étant représentés par des étoiles (STAAAAARRRSSSS !), ce qui ruine un peu l’immersion. Néanmoins, ce mode permet d’incarner jusqu’à 9 personnages, parmi lesquels Chris, Jill, Barry, Rebecca, Wesker, Forest, Kenneth, Richard et Enrico. De quoi éveiller l’intérêt du fan le plus fidèle !

À cause d’un remake hallucinant et d’un Resident Evil 4 sortis sur GameCube ayant attiré toute l’attention, Resident Evil Deadly Silence a été rapidement oublié, peut-être un peu trop injustement. Généreux dans son contenu avec l’expérience de base sortie sur PS1, le mode Renaissance pensé pour les fonctionnalités de la DS et le mode multijoueur jouable en local, il mérite sa réhabilitation, 20 ans après sa sortie.