Le festival international du film fantastique de Gérardmer m’a réservé une belle surprise pour sa 33e édition. Entre Send Help de Sam Raimi et la restauration 4K de The Descent par Neil Marshall, j’ai pu découvrir un thriller horrifique centré sur la rivalité entre deux frères qui vire au cauchemar par une nuit somme toute banale… en apparence. Une console Atari, pas uniquement, serait à l’origine du drame.
Don't Leave the Kids Alone, un film d'Emilio Portes
Don’t Leave the Kids Alone, le nouveau film d’Emilio Portes, s’inscrit dans un cinéma mexicain très actuel, où l’humour permet de désamorcer la tension d’un quotidien souvent dur. Ce thriller horrifique est né de l’envie du réalisateur de raconter l’enfance face aux réalités sociales d’aujourd’hui, en privilégiant une approche plus sensible que spectaculaire.
Emilio Portes, déjà connu pour savoir mêler gravité et légèreté, garde ici une mise en scène simple et efficace, avec un rythme bien maîtrisé. Le film repose sur un casting juste, où jeunes talents et acteurs confirmés se répondent naturellement, sans en faire trop. Don’t Leave the Kids Alone donne l’impression d’un projet très ancré dans le réel, porté par une écriture et une direction artistique soignées.
L'histoire de Don't Leave the Kids Alone
Veuve depuis peu, Catalina est contrainte de laisser ses enfants seuls à la maison quelques heures pour assister à une soirée où elle espère décrocher un emploi. Livrés à eux-mêmes, Mati et Emi s’amusent comme jamais… sans se douter qu’une force invisible est à l’oeuvre pour les séparer. - (33e Festival international du film fantastique de Gérardmer)

La vie... pour une console Atari
Je suis l’aîné d’une fratrie de trois enfants, et pourtant je n’ai jamais connu cette “saine” et franche rivalité qui existe entre frères. Le fait que je sois né une décennie avant ma jeune sœur et mon jeune frère joue pour beaucoup dans nos relations, étant plus proche de la figure d’autorité que du “bro” avec qui faire les quatre cents coups, même si je n’étais pas le dernier pour la déconne. Avec Don’t Leave the Kids Alone, j’ai eu la chance de vivre par procuration cet amour aigre doux fraternel empreint de jalousie et parsemée de coups bas.
L’histoire débute avec une mère - Catalina Camacho (Ana Serradilla) - forcée de laisser à la maison ses deux fils - Matias et Emiliano (Juan Pablo Velasco et Ricardo Galina) - le temps d’une nuit cauchemardesque. La recherche d’une console Atari n’est ici qu’un prétexte pour mettre en exergue la rivalité entre les deux frères, qui - spoiler alert ! - ne trouveront jamais. Toutefois, la seule mention de cette machine mythique des années 80 suffit à me plonger dans une époque révolue dont j’ai (trop) peu de souvenirs. Je suis né en 1986 il faut dire.

Don’t Leave the Kids Alone se démarque des autres productions du genre par sa mise en scène efficace et diablement anxiogène. Emilio Portes parvient avec très peu d’artifices à installer une tension grandissante, usant des hors-champs et de l’espace clos que représente la maison, pour installer un malaise durable. Et le cinéaste a eu pitié de moi en m’épargnant les sempiternels jumpscares qui me mettent en PLS (position latérale de sécurité). Je déteste ça du plus profond de mon être tant je trouve le procédé surexploité, facile et rarement pertinent.
Le film se focalise sur les deux enfants, bien qu’une bonne partie soit réservée à la mère et à sa soirée loin de la maison, ce que je regrette un peu tant l'intérêt de Don't Leave the Kids Alone réside justement dans les coups fourrés, les trahisons et les horreurs que se réservent nos chérubins. La dimension fantastique est également bien distillée et s’insinue progressivement dans le récit pour mieux nous surprendre en fin de parcours. Âmes sensibles s’abstenir.
Deux enfants et une console Atari (et une pizza hawaïenne) : autant de raisons de frémir devant Don’t Leave the Kids Alone au cinéma.

Aucune date de sortie pour Don't Leave the Kids Alone en France ?
Le film Don’t Leave the Kids Alone d’Emilio Portes n’a pas encore de date de sortie en France. Pour l’instant, il suit son parcours en festivals, où il se fait connaître et remarquer. Il fait notamment partie des films en compétition au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer, ce qui confirme l’intérêt qu’il suscite auprès des professionnels du cinéma de genre. Sa diffusion en salles ou sur une plateforme de streaming n’est pas encore fixée : elle dépendra des annonces faites par les distributeurs dans les semaines ou mois à venir.