Valve face à un procès antitrust : un risque de 900 millions de dollars en jeu pour la plateforme Steam

Titre original : 900 millions $ : Valve fait l'objet d'un procès qui pourrait lui coûter gros

Valve, société fondée par le célèbre Gabe Newell, est dans le collimateur de la justice britannique. Loin d’être anecdotique, cette affaire pourrait coûter 900 millions de dollars à la firme.

Fondé en 1996, Valve était à la base un simple studio de développement de jeux vidéo. En seulement quelques années, la société marque l’industrie avec des jeux comme Half-Life 1 et 2, Portal, Left 4 Dead et la licence Counter Strike. Le studio va rapidement se lancer dans la distribution, avec en 2003 la plateforme Steam, qui permet d’acheter en ligne des jeux vidéo sur Windows, Linux et Mac. Steam va rapidement connaître le succès, au point de devenir le leader du marché. Ce succès pourrait toutefois coûter très cher à Valve.


Un géant qui profiterait de sa position

En 2025, Steam a enregistré un revenu total estimé entre 12 et 16 milliards de dollars, contre 10 milliards en 2024. La plateforme compte 147 millions de joueurs actifs mensuels et propose plus de 235 000 jeux. Elle domine largement la distribution numérique de jeux sur PC, avec environ 75 % de parts de marché, très loin devant l’Epic Games Store, son plus sérieux concurrent.

Et justement, c'est cet abus de cette position dominante qui est reproché à la plateforme de Valve. L’action en justice, initialement intentée en 2024, vise à obtenir une réparation de la part de l’entreprise pour le non-respect des règles de concurrence au Royaume-Uni. Cette démarche est portée par Vicki Shotbolt, militante engagée pour les droits numériques, qui entend défendre les 14 millions d’utilisateurs de Steam au Royaume-Uni. D’abord sceptique quant au bien-fondé de la requête, le tribunal de la concurrence de Londres a finalement donné son feu vert il y a quelques jours pour la poursuite de l’affaire.

900 millions $ : Valve fait l'objet d'un procès qui pourrait lui coûter gros

Plusieurs infractions sont reprochées à Valve. D’une part, la société forcerait les éditeurs de jeux à accepter des conditions qui les empêchent de vendre leurs titres plus tôt ou à un prix inférieur sur des services concurrents. D’autre part, la plainte affirme que le groupe “enferme” les joueurs dans son écosystème. Si un titre est acheté via Steam, tout le contenu additionnel doit aussi être obtenu sur la plateforme. Tout cela permet à Steam de “facturer une commission excessive pouvant atteindre 30 %” selon les plaignants, commission qui se répercute in fine sur le prix d’achat pour les consommateurs.


Une action anti-monopole parmi d’autres

Ce n’est pas la première fois que Valve est visée par la justice pour des motifs similaires. Une plainte comparable, toujours en cours, a été engagée par des consommateurs aux États-Unis en 2024. Plus largement, on observe aussi en Europe une intensification des procédures antitrust à l’encontre des acteurs du numérique. Au Royaume-Uni, Google et Apple font notamment l’objet de recours concernant leurs boutiques d’applications. De son côté, l’Union européenne a infligé en avril 2025 une amende de plus de 500 millions d’euros à Apple.

Gabe Newell, fondateur et président de Valve

900 millions $ : Valve fait l'objet d'un procès qui pourrait lui coûter gros

La procédure engagée contre Valve n’en est qu’à un stade préliminaire et un jugement définitif ne devrait pas intervenir avant plusieurs mois, voire plusieurs années. Le groupe s’expose toutefois à une amende pouvant atteindre 900 millions de dollars. En cas d’issue favorable pour les plaignants, l’ensemble des utilisateurs britanniques de Steam serait automatiquement éligible à une indemnisation. Les joueurs français ne sont malheureusement pas concernés, mais une action similaire pourrait très bien être engagée devant les juridictions françaises ou européennes.