Call of Duty fait un carton chaque année, même s’il a dû s’incliner en 2025 sur le marché américain face à Battlefield 6. Cependant, son orientation très américaine peut déplaire. Et il est bien évidemment un pays au sein duquel on cherche à tout prix à mettre à mal ce soft power.
La Russie veut son Call of Duty et veut soutenir son développement
Call of Duty est né il y a plus de 20 ans maintenant, et c'est devenu LE représentant des jeux de tir militaires en vue FPS. Chaque année a droit à son épisode, réparti entre diverses sous-licences. Les Modern Warfare alternent donc avec les Black Ops et, globalement, les joueurs y trouvent leur compte. Le multijoueur est très développé, proposant de nombreux modes différents, des season pass et des événements. Malgré tout, les personnages et les histoires racontées sont très centrés sur les États-Unis et leurs alliés.
C'est logique dans le sens où les jeux sont développés et édités par des entreprises majoritairement américaines, mais ça fait grincer quelques dents à l'étranger. Certains pointent une forme de soft power, servant à mettre en avant la puissance américaine. Mais il existe des endroits où cette approche pose encore plus de problèmes, et c'est notamment le cas de la Russie, puissance rivale rejetant la puissance occidentale.
A la Douma d'État ruse, qui correspond grosso modo à notre Assemblée Nationale, Mikhaïl Delyagin entend permettre le développement d'un Call of Duty russe par l'intermédiaire d'une grosse subvention. Le ministère russe du Développement numérique (IRI) a validé le projet et se dit prêt à participer à son financement à hauteur de ce qui correspond 110 millions d’euros.
Si l’IRI reçoit une demande d’allocation de financement pour le développement d’un jeu sur un sujet correspondant à celui indiqué dans votre lettre, elle sera examinée selon la procédure établie dans le cadre des mécanismes concurrentiels actuels.
Une ambitions affirmée, mais de nombreux obstacles subsistent
Le principal obstacle actuel n'est donc pas tant le soutien des pouvoirs publics russes, déterminés à faire passer son message auprès de sa population et à l'extérieur, mais à trouver une structure capable de produire un titre rivalisant avec Call of Duty en termes de réalisation et d'ambitions. Evidemment, l'idée ne semble pas de nuancer le propos mais plutôt de mettre en avant la Russie face à son rival, voire ennemi, américain.
L'autre difficulté sera également, si le projet voit le jour, de vendre le titre à l'étranger. L'industrie s'est massivement positionner en opposition à la Russie vis-à-vis son intervention en Ukraine. Pas sûr qu'un jeu de guerre, validé par le gouvernement d'un pays agresseur au sens militaire, passe sans encombre les frontières en Amérique du Nord et en Europe. Il faudra peut-être plutôt se tourner vers la Chine, même si le pays a durci le ton. Quoi qu'il en soit, les projets de jeux et de consoles russes n'ont pour le moment pas réussi à se faire une place face aux machines américaines et japonaises.