Les fans du Seigneur des Anneaux ne jurent que par les versions longues qui, selon eux, sont meilleures en tous points à celles projetées au cinéma entre 2001 et 2003. Je ne suis pas de cet avis et le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson non plus. Il a même récemment confirmé qu’il n’y aura jamais de versions longues des versions longues. Et c’est une excellente chose !
Le Seigneur des Anneaux par Peter Jackson, une merveille d’adaptation
Sortie entre 2001 et 2003, la trilogie Le Seigneur des Anneaux a profondément marqué le cinéma de fantasy. Porté par le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson, le projet s’attaque à un défi longtemps jugé impossible : adapter pour le grand écran l’univers foisonnant de J.R.R. Tolkien. Tournés simultanément en Nouvelle-Zélande, les trois films traduisent une ambition rare à l’époque, aussi bien artistique qu’industrielle. Et le pari s'avère gagnant. La trilogie rencontre un succès critique (17 Oscars, dont celui du Meilleur film pour Le Retour du roi) et commercial (3 milliards de dollars au box office) et s’impose comme une œuvre populaire et une référence.
Cette adaptation cinématographique se distingue par sa capacité à condenser un matériau littéraire complexe tout en respectant son esprit. Les coupes opérées dans les romans - personnages secondaires écartés, intrigues simplifiées ou supprimées - répondent à des impératifs de rythme et de lisibilité propres au cinéma. Peter Jackson privilégie une narration fluide, centrée sur les trajectoires émotionnelles des peuples de la Terre du Milieu et les grands thèmes de Tolkien. En trouvant ce fragile équilibre entre respect du matériau original et exigences du 7e Art, Le Seigneur des Anneaux reste aujourd’hui un modèle d’adaptation souvent cité en exemple.

Des versions longues destinées aux fans
Les versions longues du Seigneur des Anneaux offrent une expérience bien plus riche en comparaison de celles projetées au cinéma, mais cela se fait au détriment du rythme et de l’efficacité narrative propre à une exploitation en salle. Ces 50 minutes supplémentaires par film (pour un total de près de 3 heures pour la trilogie) n’altèrent en rien la trame principale, mais développent certains personnages secondaires et précisent les enjeux politiques ou culturels, quitte à tirer parfois en longueur. Aussi pertinents soient les versions longues, Peter Jackson a toujours qualifié les versions cinéma de “définitives”.
Selon lui, elles demeurent le montage de référence tandis que les versions longues répondent à une logique d'enrichissement de l’univers imaginé par J.R.R. Tolkien. Elles sont destinées aux spectateurs déjà familiers avec la saga et désireux d’explorer un peu plus la Terre du Milieu. Je suis du même avis que lui. J’ai adoré mes expériences sur grand écran et profité pleinement des nouvelles séquences ajoutées par la suite. Toutefois, “mon” Seigneur des Anneaux est et restera celui vécu au cinéma et sur papier, et non en DVD/Blu-ray (bien que des projections soient régulièrement organisées pour les versions longues).

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Pas de versions longues des versions longues… dieu merci
Lors d’une interview accordée à nos confrères d’Empire, Peter Jackson a confirmé ce que les fans redoutent depuis de nombreuses années. Des versions “extended” des versions longues de la trilogie du Seigneur des Anneaux ne verront jamais le jour. Il existe bel et bien des scènes inédites jamais utilisées, mais qui ne méritent pas de retourner sur les bancs de montage. Les propos du réalisateur sont on ne peut plus clairs.
Y a-t-il de superbes scènes que nous n'avons jamais utilisées ? La réponse est non." Il y a bien quelques bribes, je suppose. Mais rien de bien grandiose. Si on faisait une version extra-longue, ou quel que soit son nom, ce serait décevant. (...) Ce serait la même chose avec quelques secondes supplémentaires par-ci par-là. Ça n'en vaudrait pas la peine. - (Peter Jackson)

Les puristes, ceux regardant au moins une fois par an durant un marathon la trilogie version longue, espèrent voir un jour la séquence mettant en scène Arwen incarnée par Liv Tyler en tenue de combat lors de la bataille du gouffre de Helm. Une autre coupe présente la rencontre entre ladite elfe immortelle et Aragorn joué par Viggo Mortensen. Et ce n’est pas tout. Il est aussi question de l’attaque de Lórien par des orques dans La Communauté de l’Anneau, d’Éowyn face à des Uruk-hai dans les grottes scintillantes dans Les Deux Tours et enfin d’un épilogue sensiblement plus long dans Le Retour du Roi, à savoir des plans sur Gimli et Legolas ainsi que le mariage d’Éowyn et Faramir. Je ne suis pas sûr que ces ajouts soient essentielles à la trilogie. Cela risquerait même de nuir à son rythme et de l'alourdir encore un peu plus pour si peu de bénéfices.