Final Fantasy VII Remake : Une Redécouverte Éternelle Même Après 150 Heures de Jeu

Titre original : Même après 150 heures, Final Fantasy 7 Remake m’a prouvé qu’on ne connaît jamais totalement les jeux vidéo que l’on adore

Plus on aime et s’investit dans un jeu vidéo, plus on croit le connaître par cœur. Si ce constat paraît logique, il y a quand même un paradoxe derrière tout ça. Aujourd’hui, j’ai aisément dépassé les 150 heures de jeu passées sur Final Fantasy VII Remake, à tel point que je pensais avoir fait le tour de la question. Et pourtant, en y replongeant, à l’occasion de la sortie de la version Intergrade sur Nintendo Switch 2 (et Xbox Series), le jeu de Square Enix m’a rappelé une chose essentielle : on n’a jamais fini de comprendre une œuvre qui nous marque.

Final Fantasy 7 est loin d’avoir dit son dernier mot, et il ne manque pas de supports pour ça !

En ce début d’année 2026, l’Histoire de la saga Final Fantasy — oui, avec un grand H — continue de s’écrire, mais c’est à l’encre de Final Fantasy VII qu’elle noircit les pages de son mythe. Le 22 janvier, Final Fantasy VII Remake Intergrade — version augmentée du Final Fantasy VII Remake sorti en avril 2020 —, a rejoint le catalogue de la Nintendo Switch 2. Pour vous, ce n’est peut-être pas grand-chose, mais ça en dit long sur le futur de la franchise. Au-delà de la dernière machine de Nintendo, c’est aussi sur les consoles Xbox que Final Fantasy VII continue d’enrichir sa légende, et c’est loin d’être l’ultime chapitre.

2026, un grand cru pour la saga Final Fantasy VII Remake

C’est en quelque sorte un renouveau pour la saga qui, dans quelques jours, va d’ailleurs célébrer ses 29 ans, le 31 plus exactement. Autant dire que l’année suivante sera particulièrement importante pour la saga et qu’elle pourrait bien nous livrer la conclusion de la trilogie Remake ! Si 2026 peut potentiellement jalouser 2027, les douze mois à venir revêtent une grande importance. Ces derniers jours, on a entendu dire que Final Fantasy VII Rebirth, second volet de la trilogie, pourrait débarquer sur les consoles Xbox. Quid de la Nintendo Switch 2 qui attendrait, elle, 2027 ? Pour le moment, il n’y a rien de concret au sujet des deux consoles précédemment citées, mais on peut évoquer un article plutôt intéressant dans lequel figure Naoki Hamaguchi. À la toute fin du mois de décembre, seize créateurs de jeux vidéo japonais et le réalisateur de Final Fantasy VII Rebirth ont tenu à partager leurs aspirations pour l’année 2026 auprès du magazine Famitsu. Dans son commentaire, Naoki Hamaguchi a expliqué que cette année servira à « maximiser la valeur de la franchise FFVII » et à « renforcer le déploiement multi-plateforme. »

Même après 150 heures, Final Fantasy 7 Remake m’a prouvé qu’on ne connaît jamais totalement les jeux vidéo que l’on adore

J’ai relancé Final Fantasy 7 Remake Intergrade… Après plus de 150 heures

Tout est dit, il faudra compter sur la trilogie Remake en 2026, et la première étape, c’est-à-dire le lancement de Final Fantasy VII Remake Intergrade, constitue un succès considérable. Il y a quelques jours de cela, j’ai pu poser mes mains sur la version Nintendo Switch 2 et y consacrer pas mal d’heures de jeu afin de livrer mes impressions sur ce portage qui recevait déjà une flopée de superlatifs l’été dernier. Dans ces lignes, j’explique en grande partie que j’ai eu le sentiment de rejouer au même jeu, d’avoir les mêmes sensations que lorsque je l’ai lancé pour la première fois, au mois d’avril 2020 sur ma PS4 Pro.

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Final Fantasy 7 m’a enseigné quelque chose : non, on connaît jamais vraiment un jeu que l’on adore

« Je pensais connaître ce jeu vidéo par coeur », et parfois on se trompe

Bluffé par de nombreux aspects de cette mouture Nintendo Switch 2, je retiens également toute autre chose de mes sessions sur Final Fantasy VII Remake Intergrade, et ce même après avoir passé plus de 150 heures sur ce premier opus de la trilogie : on ne maîtrise jamais pleinement les jeux vidéo que l’on adore, ce n’est qu’une illusion ou une manière de donner du poids à une expertise, car, en soi, on n’a jamais vraiment fini d’être surpris par un titre que l’on porte dans notre cœur, même en atteignant un temps de jeu qui dépasse largement les standards. Compte tenu du bagage vidéoludique que l’on se constitue au fil des années et des licences qu’on affectionne particulièrement, on a souvent le réflexe de se dire : « ce jeu-là, je l’adore, je le connais par cœur. » De ce postulat, chacun peut développer sa propre définition du « par cœur ». Est-ce que ça fait référence au fait de maîtriser les systèmes d’un jeu sur le bout des doigts ? Est-ce que ça sous-entend qu’on est incollable sur le scénario, les subtilités d’écriture, le sens de certains passages ? Pour ma part, je pensais que ma connaissance de Final Fantasy VII Remake, en vertu des nombreuses heures passées dessus, entre le platine, la sortie du DLC Intermission et une nouvelle partie en amont de la sortie de Rebirth, rejoignait cette idée que le jeu n’avait (peut-être) plus de surprises à m’offrir, de nouvelles réflexions, etc.

Même après 150 heures, Final Fantasy 7 Remake m’a prouvé qu’on ne connaît jamais totalement les jeux vidéo que l’on adore

J’avais toujours ces scènes en tête, mais je ne cesse de mieux les comprendre

Par définition, il est vrai que plus on joue, plus on remarque de choses, mais est-ce que l’on prête attention à tout ? C’est l’un des exemples que je voulais aborder autour de cette énième prise en main de Final Fantasy VII. En réalité, je me suis aperçu que certains éléments étaient passés entre les mailles du filet. Ce n’est pas grand-chose, mais la séquence durant laquelle Barret et Cloud s’enfuient pour s’abriter de l’explosion du réacteur Mako n°1 montre à quel point la dynamique entre les personnages est l’essence même de cet épisode. Devant l’imperturbabilité de Cloud, Barret se sent obligé de calmer ses ardeurs et de mettre un terme à ses vociférations. À ce stade, les deux hommes se connaissent à peine, et pourtant l’un influence déjà l’autre. À l’écran, ça tient en quelques plans, notamment un sur le poing de Barret qui se relâche. Si les développeurs ont décidé d’inclure ces cadrages et ces interactions non verbales, c’est parce qu’ils ont du sens, et je me rends compte que si je l’ai vu, je ne l’ai peut-être pas compris au premier coup d’œil.

J’ai rejoué à Final Fantasy 7 Remake, et ce n’était pas le même jeu que la dernière fois

C’est aussi ça qui est agréable avec un jeu vidéo et qui nous fait comprendre qu’on a toujours des choses à découvrir. Un exemple tout bête : je n’avais jamais prêté attention au fait que Cloud, en posture de Bravoure, était capable de contrer les attaques ennemies à l’aide de sa garde. Si je m’en suis aperçu, c’est parce que j’avais toujours ce réflexe mécanique hérité de Final Fantasy VII Rebirth où l’on pouvait extraire un avantage d’une parade millimétrée. En fin de compte, c’est aussi l’expérience, l’expertise que l’on accumule avec le temps qui nous permet d’avoir ces nouveaux éclairages sur les jeux qu’on affectionne. Au-delà de refaire un jeu que l’on connaît, on replonge dans une expérience avec un bagage plus étoffé et une attention qui peut se focaliser sur d’autres aspects du jeu, ce qui offre une nouvelle lecture à chaque fois. De ce fait, on ne connaît pas un jeu vidéo par cœur, on apprend à le connaître davantage à chaque fois parce qu’on prend un peu plus de recul à chaque fois et qu’on se détache de l’émotion et de l’agitation de la découverte.

Même après 150 heures, Final Fantasy 7 Remake m’a prouvé qu’on ne connaît jamais totalement les jeux vidéo que l’on adore

On a beau aimer un jeu, il y a toujours quelque chose qui nous échappera… jusqu’à la fois d’après

J’évoquais justement le renfort de notre bagage vidéoludique, car les jeux peuvent se faire écho au sein d’une même saga. En ce qui concerne le personnage de Jessie, on croise quelques références à celles-ci en arrivant au Gold Saucer puisqu’elle était censée réaliser son rêve en étant en tête d’affiche d’une pièce de théâtre. En me penchant une fois de plus sur Final Fantasy VII Remake et en traversant le passage dans lequel on aide Jessie à infiltrer un stock de la Shinra, tout en faisant un détour par chez elle, j’ai compris plus en détail à quel point son destin est tragique et à quel point elle voulait racheter ses erreurs. De manière générale, on a tendance à rapprocher le jeu vidéo du cinéma, même si l’un se distingue de l’autre par rapport à sa passivité, et c’est assez juste de le faire. Comme pour un film, est-ce que l’on est censé tout comprendre (les enjeux, les personnages, les références, etc.) lors du premier visionnage ? En substance, oui, mais le fait de se replonger dedans ne fait qu’accroître nos clefs de lecture, et ça s’applique aussi au jeu vidéo. Alors, oui, on peut avoir des centaines, des milliers d’heures sur un jeu vidéo, ça ne change rien, car il n’a pas été conçu pour être totalement vu, compris et digéré à partir d’un certain nombre d’heures. J’apporte une digression, mais celle-ci est très actuelle. En ce moment, la communauté des joueurs de GTA V et de Red Dead Redemption 2 se triture les méninges autour de l’un des plus grands mystères du jeu, un secret irrésolu, et c’est ça qui est fascinant : si l’un de ces joueurs n’avait pas remis les pieds dans le jeu ou fait attention à un détail en particulier, jamais cette énigme ne serait remontée à la surface, peu importe le nombre d’heures passées à arpenter ces deux mondes ouverts.

Même après 150 heures, Final Fantasy 7 Remake m’a prouvé qu’on ne connaît jamais totalement les jeux vidéo que l’on adore

Alors oui, on peut rejouer pour le simple plaisir de traverser à nouveau une histoire qui nous fait vibrer, mais on peut aussi envisager le fait de rejouer comme une manière de mieux analyser, comprendre et décortiquer une œuvre qui nous tient à cœur. En fin de compte, il y a deux métriques qui apparaissent, la maîtrise et la compréhension, et c’est pour cette raison qu’il y a comme un paradoxe qui nous suggère que plus on aime un jeu, plus on croit le connaître. Finalement, on aura beau courir après la connaissance totale d’une œuvre, affichant des heures et des heures de jeu, car celles-ci sont plus vivantes et mouvantes qu’il n’y paraît. Oui, on est incapable de redécouvrir un jeu vidéo comme au premier jour, mais mieux l’appréhender me paraît encore plus grisant.