Pourquoi Rockstar a-t-il mis de côté ses idées les plus audacieuses ? Un ancien cadre du studio revient sur les projets abandonnés et explique pourquoi, face au succès colossal de GTA, se disperser aurait été une erreur stratégique.
Il fut un temps où le catalogue de Rockstar Games regorgeait de diversités, allant du polar interactif avec L.A. Noire au jeu de tir sombre avec Max Payne. Pourtant, ces dernières années, le studio semble avoir concentré toute sa puissance de feu sur ses deux licences phares : Grand Theft Auto et Red Dead Redemption. Obbe Vermeij, ancien directeur technique du studio ayant travaillé sur les opus de GTA III à GTA IV, a récemment expliqué pourquoi de nombreuses idées prometteuses n'ont jamais abouti à des jeux indépendants.
La suprématie de Grand Theft Auto
Selon Vermeij, l'abandon de projets expérimentaux, tels qu'un jeu de survie zombie sur une île écossaise ou le célèbre jeu d'espionnage Agent, ne constitue pas une occasion manquée. La logique interne était pragmatique : lorsqu'un studio détient une franchise au succès aussi monumental que GTA, la dilution des efforts devient contre-productive. « Quelle que soit l'idée bizarre que vous ayez, nous devrions vraiment l'intégrer à GTA plutôt que de lancer un tout nouveau jeu », a expliqué Vermeij. Avec le recul, il estime que ces projets annexes « n'auraient pas été aussi bons que GTA » et auraient fini par être une « perte de temps et une distraction » pour les équipes. L'objectif était donc de cannibaliser ces concepts créatifs pour enrichir le monde ouvert principal, garantissant ainsi que chaque ressource serve la qualité du titre phare plutôt que de risquer un échec sur une nouvelle propriété intellectuelle.

Une prise de risque admirée ailleurs
Si Vermeij considère que la stratégie de Rockstar était le choix le plus « sensé » pour l'entreprise, il n'en admire pas moins ceux qui osent prendre le chemin inverse. Il a notamment salué l'audace de Larian Studios, qui, après le succès planétaire de Baldur's Gate 3, a choisi de ne pas s'engager sur un quatrième opus pour revenir à ses propres projets. Vermeij qualifie cette décision de « mouvement audacieux » et « très risqué », soulignant qu'il est généralement « plus facile de continuer à faire ce que l'on fait » lorsque la recette fonctionne.